La dictée est un exercice fondamental au Brevet des Collèges. Elle évalue tes compétences en orthographe et grammaire, et t'aide aussi à enrichir ta culture générale grâce à des extraits de la littérature française.
Pour t'aider à te préparer efficacement, nous avons compilé 15 dictées tirées d'œuvres majeures. Chaque passage est une opportunité d'améliorer ta maîtrise de la langue et de découvrir des textes essentiels.
Dictée du Brevet 1 : Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913)
Thème : L'éveil de la conscience, la mémoire.
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint.
Dictée du Brevet 2 : François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe (1832)
Thème : L'autobiographie, le passage entre deux époques.
Si je suis destiné à vivre, je représenterai dans ma personne, représentée dans mes Mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l'épopée de mon temps, d'autant plus que j'ai vu finir et commencer un monde, et que les caractères opposés de cette fin et de ce commencement se trouvent mêlés dans mes opinions. Je me suis rencontré entre les deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où j'étais né, et nageant avec espérance vers la rive inconnue où vont aborder les générations nouvelles.
Dictée du Brevet 3 : Romain Gary, La Promesse de l'aube (1960)
Thème : La relation mère-fils, les attentes maternelles.
Je sentis le sang me brûler la figure, j'entendis les rires derrière mon dos, et déjà [...] elle proclamait, sur le mode inspiré : « Tu seras un héros, tu seras général, [...] Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! » Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable [...] : « Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »
Dictée du Brevet 4 : Romain Gary, La Promesse de l'aube (1960)
Thème : Le poids du passé, le souvenir de l'enfance.
Vingt ans sont passés et l'homme que je suis, depuis longtemps abandonné de sa jeunesse, se souvient avec beaucoup moins de gravité et un peu plus d'ironie de celui que je fus alors avec tant de sérieux, tant de conviction. Nous nous sommes tout dit et pourtant il me semble que nous nous connaissons à peine. Était-ce vraiment moi, ce garçon frémissant et acharné, si naïvement fidèle à un conte de nourrice et tout entier tendu vers quelque merveilleuse maîtrise de son destin ? Ma mère m'avait raconté trop de jolies histoires, avec trop de talent [...], nous nous étions fait trop de promesses et je me sentais tenu. Avec, au cœur, un tel besoin d'élévation, tout devenait abîme et chute.
Dictée du Brevet 5 : Delphine de Vigan, No et moi (2007)
Thème : La marginalité, la compassion, le regard social.
Je ne vais plus à la gare, je traîne un peu sur le boulevard Richard-Lenoir, c'est un endroit où il y a beaucoup de sans-abris, sur le terre-plein central, autour des jardins et dans les squares, ils sont en groupe, chargés de sacs, de chiens, de duvets, ils se réunissent autour des bancs, ils discutent, boivent des canettes, parfois ils rigolent, ils sont gais, parfois ils se disputent. Souvent il y a des filles avec eux, jeunes, elles ont des cheveux sales, des vieilles chaussures et tout. Je les observe de loin, leurs visages abîmés, leurs mains écorchées, leurs vêtements noirs de crasse, leurs rires édentés. Je les regarde avec cette honte sur moi, poisseuse, cette honte d'être du bon côté.
Dictée du Brevet 6 : Georges Perec, Les Choses (1965)
Thème : La consommation, l'impact de l'argent sur les relations.
L'économique parfois les dévorait tout entiers. Ils ne cessaient pas d'y penser. Leur vie affective même, dans une large mesure, en dépendait étroitement. Tout donnait à penser que, quand ils étaient un peu riches, quand ils avaient un peu d'avance, leur bonheur commun était indestructible ; nulle contrainte ne semblait limiter leur amour. Leurs goûts, leur fantaisie, leur invention, leurs appétits se confondaient dans une liberté identique. Mais ces moments étaient privilégiés : il leur fallait plus souvent lutter ; aux premiers signes de déficit, il n'était pas rare qu'ils se dressent l'un contre l'autre. Ils s'affrontaient pour un rien, pour cent francs gaspillés, pour une paire de bas, pour une vaisselle pas faite.
Dictée du Brevet 7 : Henri Floch, Lettre de Poilu (1917)
Thème : La guerre, l'injustice, le destin.
Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. [...] J'ai profité d'un moment de bousculade pour m'échapper des mains des Allemands. J'ai suivi mes camarades, et ensuite, j'ai été accusé d'abandon de poste en présence de l'ennemi. Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. [...] Je meurs innocent du crime d'abandon de poste qui m'est reproché. Si au lieu de m'échapper des Allemands, j'étais resté prisonnier, j'aurais encore la vie sauve. C'est la fatalité.
Dictée du Brevet 8 : Joseph Kessel, L'Armée des ombres (1943)
Thème : La Résistance, la presse clandestine, la liberté.
Ce sont de petits carrés de papier, misérables. Des feuilles mal venues, imprimées ou tapées à la diable. [...] On fabrique comme on peut. [...] Mais le journal paraît. Les articles suivent des routes souterraines. Quelqu'un les rassemble, quelqu'un les agence en secret. Des équipes furtives mettent en page. Les policiers, les mouchards, les espions, les dénonciateurs s'agitent, cherchent, fouinent, flairent. Le journal part sur les chemins de France. Il n'est pas grand, il n'a pas bel aspect. Il gonfle des valises usées, craquantes, disjointes. Mais chacune de ses lignes est comme rayon d'or. Un rayon de la pensée libre.
Dictée du Brevet 9 : Charles de Gaulle, Discours (1943)
Thème : La culture sous l'Occupation, l'esprit de résistance.
Un immense travail s'accomplit dans les profondeurs d'un peuple submergé de douleurs et de dégoûts et qui se tourne vers les sources pures de l'âme et de l'esprit, comme le prisonnier dans sa geôle vers la lumière de la lucarne. Nous savons que la poésie, les sciences et les arts ont, à l'heure présente, notamment parmi la jeunesse, plus d'amans fervents que jamais. Comment n'être pas saisi par la valeur passionnée des revues clandestines ? [...] Comment ne pas sentir la déchirante qualité de ces poèmes qu'aujourd'hui toute la France récite en secret ?
Dictée du Brevet 10 : Jean Anouilh, Antigone (1944)
Thème : La tragédie, le sacrifice, le désespoir.
Antigone est au fond de la tombe pendue aux fils de sa ceinture, des fils bleus, des fils verts, des fils rouges qui lui font comme un collier d'enfant, et Hémon, à genoux qui la tient dans ses bras et gémit, le visage enfoui dans sa robe. On bouge un bloc encore et Créon peut enfin descendre. On voit ses cheveux blancs dans l'ombre, au fond du trou. Il essaie de relever Hémon, il le supplie. Hémon ne l'entend pas, puis soudain [...] il lui crache au visage, et tire son épée. Créon a bondi hors de sa portée. [...] Hémon regarde ce vieil homme tremblant à l'autre bout de la caverne et, sans rien, dire, il se plonge l'épée dans le ventre et il s'étend contre Antigone, l'embrassant dans une immense flaque rouge.
Dictée du Brevet 11 : Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit (1932)
Thème : L'horreur de la guerre, la folie humaine, le désir d'arrêter la violence.
Combien de temps faudrait-il qu'il dure leur délire, pour qu'ils s'arrêtent épuisés, enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des années ? Combien ? Peut-être jusqu'à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu'au dernier ? Et puisque les évènements prenaient ce tour désespéré je me décidais à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême, essayer, moi, tout seul, d'arrêter la guerre ! Au moins dans ce coin-là où j'étais.
Le colonel déambulait à deux pas. J'allais lui parler. Jamais je ne l'avais fait. C'était le moment d'oser. Là où nous en étions il n'y avait presque plus rien à perdre.
Dictée du Brevet 12 : Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose (1855)
Thème : La contemplation, l'imagination, la projection.
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. [...]
Par-delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Dictée du Brevet 13 : Kateb Yacine, Nedjma (1956)
Thème : La résistance, la détermination, l'engagement.
Je suis parti avec les tracts. Je les ai enterrés dans la rivière. J'ai tracé sur le sable un plan... Un plan de manifestation future. Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai. Je me battrai avec du sable et de l'eau. De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai. J'étais décidé. Je voyais donc loin. Très loin. Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte. Je l'appelai, mais il ne vint pas. Il me fit signe. [...] Moi j'étais en guerre. Je divertissais le paysan. Je voulais qu'il oublie sa faim. Je faisais le fou. Je faisais [le fou devant mon père le paysan. Je bombardais la lune dans la rivière.
Dictée du Brevet 14 : Victor Hugo, Les Contemplations (1856)
Thème : Le travail des enfants, la dénonciation de l'exploitation.
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ? Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ? Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ; Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement Dans la même prison le même mouvement. Accroupis sous les dents d'une machine sombre, Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre, Innocents dans un bagne, anges dans un enfer, Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer. Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue. Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Dictée du Brevet 15 : Pierre Bordage, La classe de Maître Moda (2013)
Thème : L'éducation futuriste, la mémoire, l'apprentissage.
Le maître avait une voix persuasive. Tous les matins, il présentait les cours du jour avant de lancer le programme. La puce supplémentaire insérée dans leurs cerveaux [...] plaçait les élèves dans un état de réceptivité absolue [...]. Le flot d'informations [...] déferlait pendant une vingtaine de minutes, puis maître Moda donnait des exercices qui, tout en validant les connaissances, sollicitaient la mémoire, la logique, l'esprit d'analyse et de synthèse. C'était à cette occasion que se gagnaient ou se perdaient les places à l'évaluation [...]. Si elle n'était pas la meilleure dans la résolution des problèmes mathématiques [...], Emna montrait une efficacité inégalable en histoire et en sciences physiques.
Dictée du Brevet 16 : Jean-Paul Ferrari, Le Principe (2015)
Thème : La Seconde Guerre Mondiale, la science et la survie.
Tandis que les Alliés, craignant que vous ne les devanciez dans la course à la bombe qu'ils croient mener contre vous, échafaudent des plans pour vous enlever ou vous tuer, vous poursuivez vos tentatives de mise au point d'un réacteur et vous obtenez que de jeunes scientifiques soient libérés de leur fonction militaire pour vous rejoindre dans l'abri relatif de vos « îlots de stabilité » sur lesquels la Royal Air Force ne cesse de déverser une pluie de bombes. Vous vous obstinez à vivre, à faire des enfants qui naissent dans un monde en flammes, un monde si laid que personne ne peut le regarder en face.
Pourquoi t'entraîner avec ces dictées ?
- Diversité des textes : Chaque dictée te plonge dans un univers littéraire différent, te familiarisant avec des styles variés et un vocabulaire riche.
- Maîtrise de l'orthographe : C'est l'occasion de repérer tes erreurs récurrentes (accords, homophones, conjugaisons) et de les corriger.
- Compréhension fine : Au-delà des mots, ces extraits te permettent d'appréhender des notions historiques, philosophiques ou sociales, enrichissant ta culture générale pour l'épreuve de français.
- Gestion du stress : La pratique régulière t'aidera à aborder l'épreuve du Brevet avec plus de sérénité.
N'hésite pas à refaire ces dictées plusieurs fois. Tu peux demander à un proche de te les dicter ou utiliser un dictaphone. Analyse attentivement tes erreurs, comprends-les et mémorise la bonne orthographe. C'est en forgeant que l'on devient forgeron !
En résumé
- Pratique régulièrement ces dictées pour renforcer tes compétences.
- Varie les plaisirs en explorant des textes classiques et contemporains.
- Identifie et corrige tes erreurs pour une progression ciblée.
- Intègre ces entraînements à ta routine pour un Brevet sans stress.
Prêt à relever le défi ? Mets toutes les chances de ton côté pour briller au Brevet des Collèges ! Pour un accompagnement personnalisé et des cours adaptés à tes besoins, découvre les offres de soutien scolaire Skoolup. Nos professeurs sont là pour t'aider à exceller dans toutes les matières.





