La dissertation de philosophie est un exercice essentiel pour réussir le bac et tout au long de l'année de terminale. Pour vous aider à la maîtriser, voici une fiche de méthodologie. Ces conseils sont partagés par les professeurs particuliers de philosophie Skoolup, experts du programme et pédagogues, qui vous accompagnent pour préparer l'épreuve du bac de philosophie.

Comment construire sa dissertation de Philosophie pour le bac ?

L'introduction

L'introduction est primordiale car elle présente votre copie et expose l'angle sous lequel vous abordez le sujet. C'est la première chose que votre correcteur lira, il est donc essentiel de ne pas la négliger.

Elle se divise en quatre parties, mais les trois premières forment un seul paragraphe.

  • L'accroche : Il s'agit d'une phrase percutante qui vise à captiver l'attention du correcteur. Elle peut consister en un exemple précis ou bien explorer l'étymologie du mot clé du sujet, qui sera analysé.
  • L'analyse du sujet : Vous devez citer le sujet et préciser le ou les sens des mots importants, d'abord individuellement, puis, si nécessaire, dans leur relation. Il est essentiel de bien comprendre les termes du sujet pour pouvoir les traiter adéquatement.
  • La problématique : Vous devez formuler une ou deux questions qui découlent naturellement du sujet. En philosophie, la problématique émerge exclusivement du sujet lui-même.
  • L'annonce du plan : Une annonce claire et un alinéa sont nécessaires pour structurer votre introduction. Vous pouvez utiliser des formules telles que "Premièrement / Deuxièmement / Troisièmement", "Tout d'abord / Puis / Enfin", ou "Dans un premier temps / Dans un second temps / Enfin", afin d'organiser votre plan de manière claire et logique.

Le développement

Le développement doit présenter de manière organisée et logique votre réflexion sur le sujet. Il se compose généralement de deux ou trois parties, chacune divisée en deux ou trois sous-parties (éventuellement jusqu'à quatre). Chaque partie et sous-partie doit avoir à peu près la même longueur que les autres.

Les parties

Chaque partie commence par une phrase de présentation de l'idée générale. Pour les deuxième et troisième parties, cette phrase peut être intégrée à la transition. Un alinéa est ensuite nécessaire pour chaque sous-partie. Il ne faut pas revenir à la ligne à l'intérieur d'une sous-partie.

Entre deux parties, la transition (en sautant une ligne au-dessus et en-dessous) doit synthétiser la partie précédente et introduire la suivante, idéalement en proposant un nouvel élément sur lequel rebondir afin d'éviter de simplement se répéter. Montrez votre esprit d'analyse dans ces transitions !

Les sous-parties

Chaque sous-partie débute par une phrase présentant l'idée générale que vous allez développer. Ensuite, développez cette idée en deux ou trois phrases et illustrez-la par un exemple, qui peut souvent être une théorie d'un auteur étudié en cours. L'exemple peut être court ou long, mais un exemple précis et détaillé démontre une bonne maîtrise du sujet. Si la sous-partie est longue, vous pouvez conclure en résumant son contenu. Ce schéma peut être répété plusieurs fois (maximum trois) pour différentes idées au sein d'une même sous-partie. Assurez-vous que les idées sont cohérentes entre elles et qu'elles découlent de l'idée générale énoncée dans la première phrase.

La conclusion

La conclusion d'une dissertation de philosophie vise à montrer ce que votre réflexion a apporté au sujet. Commencez par résumer intelligemment le développement en mettant en évidence vos apports (ce n'est pas une simple annonce du plan). Répondez à la problématique posée. En philosophie, évitez les ouvertures qui sont souvent hors sujet.

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Exemple concret : "Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?"

En vous entraînant avec cet exemple, vous pourrez vous familiariser davantage avec la méthodologie de la dissertation en philosophie pour le bac. Le désir est l'objet central du sujet. Il se rapporte à un thème que vous avez traité dans l'année. Le sujet sous-entend que le désir amène une souffrance : c'est le point qu'il va falloir discuter. Pourquoi y aurait-il souffrance ? Qu'est-ce qui fait souffrir ? Comment éviter cette souffrance ? Le terme nécessairement est également à remarquer. Il signifie que la souffrance serait inévitable, que l'essence du désir serait de faire souffrir l'être humain.

Introduction de l'exemple

Le mot désir vient du latin desiderium, qui signifie à la fois le désir tel qu'on l'entend aujourd'hui et le regret : le désir impliquerait donc une dimension douloureuse. Néanmoins, désirer, est-ce nécessairement souffrir ? Désirer, c'est toujours désirer un objet qui nous manque. La souffrance, elle, peut être physique ou morale : le manque physique, comme la soif, est forcément douloureux, mais le manque moral, qui se manifeste dans le désir, peut aussi l'être. L'adverbe nécessairement signifie que cette souffrance serait inévitable. S'il y a, par essence, un manque dans le désir, il semblerait logique qu'il amène une souffrance. Cependant, on parle aussi souvent du désir comme quelque chose de positif, car sa satisfaction peut amener une certaine joie. Le désir ne peut-il pas amener bien plus qu'une simple souffrance ? N'est-il pas également une source de puissance? Tout d'abord, nous verrons dans quelle mesure le désir peut être une souffrance pour l'homme. Puis, nous nous intéresserons à l'élan et à la joie que peuvent induire le désir. Enfin, nous verrons que le désir peut être créateur.

Plan détaillé de l'exemple

I. Le désir comme souffrance

A. Le désir est toujours un manque (Platon, mythe des androgynes séparés en deux moitiés qui se cherchent et se désirent, parfois en vain) B. La frustration liée au désir (Schopenhauer, douleur du désir physique mais aussi moral) C. Il faudrait donc se libérer du désir (bouddhisme, le Nirvana = l'absence de désir)

II. Le désir comme élan vital

A. De la frustration à la satisfaction du désir (Aristote, lien entre l'imagination et le réel) B. Le désir comme source de vie (Spinoza, l'ennui est l'absence de désir et est une souffrance) C. La joie comme principe supérieur (Spinoza)

III. Le désir créateur

A. Le désir produit son objet (Stendhal, la cristallisation) B. Le désir est désir de lui-même (le désir porte autant sur lui-même que sur le reste, assouvir ses désirs ne fait qu'ouvrir d'autres portes pour continuer à vivre)

En résumé

  • Entraînez-vous régulièrement à la rédaction de dissertations.
  • Maîtrisez la structure de chaque partie (introduction, développement, conclusion).
  • Utilisez des exemples pertinents et des références philosophiques précises.
  • Soignez vos transitions pour une argumentation fluide et logique.

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